Prix des Merveilleux Nuages

En 2013, le prix des Merveilleux Nuages a été attribué à Voyages et Fleurs de Mercè Rodoreda, un texte publié aux éditions Fédérop en co-édition avec la Librairie La Brèche.

Les éditions fédérop sont nées à Lyon en 1975. Nées des rêves et de l’obstination de Bernard Lesfargues, entouré d’amis qui avaient tous en commun d’être partisans d’un fédéralisme européen – d’où le nom de « fédérop ».

 

Les éditions Fédérop

Occitan, très attaché à sa langue, Bernard Lesfargues eut à cœur de défendre les langues des minorités, il créa une collection de langue occitane et de culture occitane qui réunit des auteurs tels que Robert Lafont, Bernard Manciet, Jean-Yves Casanova, Pierre Bec, Max Rouquette, Alem Surre-Garcia, Philippe Gardy… et publia deux ouvrages en langue berbère ; il fut également le premier en France à publier les auteurs d’expression catalane : Quim Monzó et Baltasar Porcel.  
Après avoir repris la collection Solaire (fondée par François-René Daillie), les éditions fédérop se sont attachées également à faire découvrir des poètes d’expression française et étrangère, en créant la collection Paul Froment. C’est dans cette collection qu’en 1976 fut publié pour la première fois en français le grand poète espagnol, Vicente Aleixandre, (Prix Nobel 1977), suivirent Yannis Ritsos, Julio Llamazares, Franco Fortini, Simonne Jacquemard, Desmond Egan… Les éditions fédérop ont également publié des contes, des romans français et étrangers et des livres d’art.

Reprises en 1999 par Bernadette Paringaux, bientôt rejointe par Jean-Paul Blot, les éditions fédérop entendent poursuivre dans la voie tracée par Bernard Lesfargues. Elles continuent de publier des poètes d’expression française ou étrangère, des ouvrages en occitan (ou traduits de l’occitan), et de culture occitane ; des romans français ou étrangers. Et se sont enrichies d’une collection de littérature de voyage Chemins du monde, et de la collection Troubadours.


Mercè Rodoreda

Née à Barcelone en 1908, Mercè Rodoreda souvent nommée « la grande dame de la littérature catalane » est l’un des auteurs catalans les plus connus à l’étranger. Mariée à l’âge de vingt ans, elle se réfugia dans la littérature pour oublier l’échec de son union. Pendant la guerre civile espagnole, elle collabora avec le Commissariat de la Generalitat et dut s’exiler en 1939, notamment à Genève. Elle y demeura jusqu’en 1972 avant de rentrer en Catalogne. Elle s’installe à Romanyà de la Selva, où elle se fait construire une belle maison et y cultive des fleurs. C’est là qu’elle écrit Viatges i Flors, Voyages et Fleurs, son dernier ouvrage publié, alors que ses jours sont comptés. Elle meurt en 1983.

 

Le livre - Voyage et Fleurs

« Si l’on me demandait quel est, de mes livres, celui que je voudrais sauver d’un incendie, je choisirais celui-ci. », écrivait-elle à propos de Voyages et Fleurs. Mercè Rodoreda déploie un humour grinçant qui ne cache rien de moral ou de satirique, mais manifeste, devant les désastres de son temps et, peut-être, du genre humain, un désarroi abandonné au sentiment de l’absurde. Son imaginaire semble osciller, pour la cruauté, entre celui de Swift, d’Ambrose Bierce et d’Edgar Poe et, pour le macabre, celui de Goya et du graveur mexicain Posada. Il est servi, et ses désillusions rachetées, par un sens personnel des mots qui explique le pouvoir émerveillant de ces contes de sorcière plutôt que de fée.